Dossier du mois de octobre 2026

L’insertion au service de l’économie locale et des territoires

En cette rentrée 2026 très mouvementée, nous avons appris début octobre que le budget de l’insertion allait être encore amputé de 5,9 %.

Au-delà d’un simple chiffre, et comme chaque baisse de budget, cela a un impact concret sur la vie de milliers de personnes. Et bien que nous le répétions régulièrement et à l’unisson, nous le répétons encore ici : l’insertion n’est pas une dépense mais bien un investissement. C’est une dynamique qui permet de limiter les dépenses en proposant des solutions aux citoyens, une dynamique qui dépend d’une volonté politique et d’une vision sur l’avenir.

En quoi les structures de l’insertion sont des actrices incontournables de chaque territoire ?

En France, actuellement, plus de 4500 structures travaillent pour l’insertion des personnes éloignées de l’emploi en apportant des solutions grâces à des formats variés :

  • Ateliers et chantiers d’insertion (ACI) : association proposant une activité spécifique (espaces verts, ressourcerie, couture, menuiserie, etc) à un groupe des salariés, accompagnés par des encadrants
  • Associations intermédiaires (AI) : associations proposant de la mise à disposition auprès de clients (entreprises, collectivités, associations et particuliers) ayant des besoins en recrutement
  • Entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) : agences d’intérim spécialisées dans l’accompagnement vers l’emploi
  • Entreprise d’Insertion par le Travail Indépendant (EITI) : entreprises d’insertion par le travail indépendant (en phase d’expérimentation)
  • Entreprise d’Insertion (EI) : entreprises du secteur marchand classique engagée dans des actions d’insertion

Plus localement, en Isère, 82 structures accompagnent les demandeurs d’emploi qui ont besoin d’un accompagnement spécifique

L’action d’insertion se fait au cas par cas pour trouver la solution la plus appropriée à chaque situation. De plus, il n’y a pas de concurrences entre les structures. Elles coopèrent même pour accompagner vers l’emploi en répondant aux besoins des clients (souvent des collectivités notamment pour répondre aux obligations des services publiques.)

Dans toute la France, ce sont entre 170 000 et 200 000 salariés qui sont accompagnés chaque année grâce au travail de 18 800 salariés permanents (conseiller.es en insertion, agent administratif, directrice, comptable etc…).

Ces chiffres ne sont pas négligeables et prouvent que les structures de l’insertion sont incontournables étant en plus, ancrer dans chaque territoire.

CARTE ti38

Quel est la réalité du travail en France ?

Notre pays compte actuellement plus de 28 000 000 de travailleurs. Et en parallèle 3,32 millions de personnes sont inscrites à France Travail, sans aucune activité. Le taux de chômage atteint 8,3% et ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années. Parmi ces chomeurs, plus de 53% des personnes inscrites à France Travail en catégories A, B, C ne sont pas indemnisées. 

Au deuxième trimestre 2026 , 433 600 emplois étaient vacants dans le secteur privé et plusieurs milliers d’offres étaient diffusées dans le secteur public.

On s’interroge sur le fait qu’il y ait autant de postes non pourvus alors qu’il y a (sur le papier) tant de candidats. Cet écart démontre qu’il ne suffit pas de présenter un candidat en face d’un emploi pour que cela matche. C’est aussi là que les structures d’insertion ont un rôle à jouer et peuvent permettre de combler cet écart entre l’offre et la demande. 

Pourquoi l’insertion est un levier de réussite économique et de cohésion sociale territoriale ?

entraide et economie locale

Lors de l’assemblée générale de notre association, nous aimons rappeler que les subventions que nous pouvons toucher rapportent économiquement au territoire. Pour exemple, en 2025 pour 1€ de subvention, ce sont plus de 14€ reversés sur le territoire. Ce calcul est simple : salaires brut + charges patronales divisé par le montant totales des subventions.

Alors oui il est possible de réfléchir en aspect purement financier et ainsi on constate que les structures d’insertion permettent globalement d’économiser de l’argent à l’état (baisse des coûts sociaux et augmentation des recettes fiscales et cotisations sociales). De notre côté, nous préférons valoriser les bénéfices humains : après tout accompagner une personne éloignée de l’emploi c’est aussi lui redonner confiance en elle et en la société, lui permettre de recréer du lien social et d’emmener une nouvelle dynamique au sein de son foyer. 

 

Pour finir l’État subventionne les structures d’insertion par l’activité économique (par poste occupé à temps plein) (de 1 638 € en Association Intermédiaire (LA FOURMI) à 24 203 € en Atelier et Chantier d’Insertion), mais cette somme est largement compensée. En effet l’employé produit de la richesse marchande, paie des taxes, touche moins d’aide sociale. Et la structure qui l’accompagne génère elle-même du chiffre d’affaires imposable.

Baisser le budget de l’IAE ne peut être qu’une erreur qui engendra des dépenses supplémentaires : REGARDONS PLUS LOIN ! 

NB : Ce ne sont pas que les structures d »insertion qui sont impactées par cette baisse de budget. De nombreuses associations se mobilisent notamment cette semaine avec  « Et si nous arrêtions vraiment ! »

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